⚡ En bref — ce que Julien Jimenez retient de ce dossier :
- « Projet 07 » : pourquoi une page projet ne se positionne sur rien
- Le titre d’une page projet : nommer le client, le secteur et le livrable
- L’intro qui pose le secteur du client et le besoin de départ
- Raconter le brief créatif et les contraintes du projet
- Présenter les livrables : logotype, charte graphique, packaging, planches
Votre portfolio est beau. Les maquettes sont bien cadrées, les planches de présentation respirent, l’avant/après de la dernière refonte de marque est franchement bluffant. Et pourtant, quand un gérant de brasserie artisanale cherche qui pourrait dessiner son étiquette, il ne tombe jamais sur vous. Le problème n’est presque jamais le travail montré : c’est qu’une page projet composée d’une galerie de visuels et de trois mots de légende ne dit rien à personne, ni à un moteur de recherche, ni à un prospect qui découvre le studio.
Un portfolio relève d’abord de la culture visuelle : il expose une direction créative, des partis pris de composition, une culture typographique. Ce qu’il n’expose presque jamais, c’est le raisonnement créatif qui a mené là — et c’est précisément ce raisonnement qui se lit, se cherche et se partage.
Une page projet qui se positionne, c’est l’inverse d’une galerie muette : un vrai récit de commande, avec le secteur du client, le brief créatif, les contraintes, les livrables et les crédits. Pas du remplissage sous le carrousel, mais de la matière que vous avez déjà en tête et que vous ne prenez jamais le temps d’écrire.
C’est exactement le terrain d’un rédacteur SEO et éditeur web comme Julien Jimenez : le texte n’est plus une légende posée sous une image, c’est ce qui rend votre travail trouvable, compréhensible et comparable par quelqu’un qui n’a jamais entendu parler de votre studio.
« Projet 07 » : pourquoi une page projet ne se positionne sur rien #
Ouvrez votre portfolio et lisez les intitulés. Il y a de fortes chances de tomber sur « Projet 07 », « Refonte — Client X », « Identité 2024 » ou simplement le nom du client, seul. Ce sont des titres de dossier de production, pas des titres de page. Ils ont un sens pour vous et pour votre direction artistique ; ils n’en ont aucun pour la personne qui tape sa requête.
Le décalage se joue à trois endroits :
- le secteur du client n’apparaît nulle part : la page ne dit jamais qu’il s’agit d’une brasserie artisanale, d’un cabinet d’architecte ou d’une marque de cosmétique
- la nature du livrable reste implicite : logotype, charte graphique, packaging, refonte de site ? On le devine à l’image, pas au texte
- la page ne contient presque pas de texte : une galerie de visuels, un nom, une année, parfois une phrase d’ambiance
Or les prospects ne cherchent ni « Projet 07 » ni votre nom. Ils tapent « identité visuelle brasserie artisanale », « packaging cosmétique bio », « refonte site cabinet d’architecte ». Tant que ces formulations n’existent pas dans vos pages projets, le meilleur travail du studio reste invisible, et c’est votre page « services » ou votre profil sur une plateforme qui encaisse toute la demande à votre place.
Le titre d’une page projet : nommer le client, le secteur et le livrable #
Le premier chantier est aussi le plus rapide. Un titre de page projet lisible tient en trois informations : quoi, pour qui, dans quel secteur. « Identité visuelle pour une brasserie artisanale — Maison Vervel » vaut infiniment mieux que « Projet 07 ». « Refonte de marque et charte graphique — cabinet d’architecte » vaut mieux que « Refonte — Client X ».
Pour visualiser concrètement le rôle de ce travail de texte :
🎬 Un rédacteur web, c'est quoi? (définition, aide, lexique, tuto, explication) — Infonet (10 k vues)
Concrètement, sur un portfolio de studio, la trame de titre qui fonctionne ressemble à ceci :
- livrable principal en tête : identité visuelle, logotype, packaging, direction artistique, refonte de marque
- secteur ou type de client juste derrière : brasserie artisanale, cabinet d’architecte, marque de cosmétique, torréfacteur, cabinet dentaire
- nom du client en fin de titre, s’il est communicable : c’est la partie qui vous sert de référence, pas celle qui vous fait trouver
Le même raisonnement vaut pour l’URL de la page projet et pour le fil d’ariane. Une adresse en /projets/identite-visuelle-brasserie-artisanale/ raconte déjà l’essentiel ; une adresse en /projet-07/ ne raconte rien du tout. Ce sont des arbitrages de dix minutes par page, et ils conditionnent tout le reste.
L’intro qui pose le secteur du client et le besoin de départ #
Après le titre, deux ou trois phrases suffisent, mais elles doivent faire un travail précis : dire qui est le client, ce qu’il vend, à qui, et ce qui n’allait pas avant votre intervention. C’est la partie que les studios sautent systématiquement, alors que c’est celle qui parle le plus au prospect, parce qu’il s’y reconnaît.
Une intro de page projet utile répond à ces questions :
- quel est le métier du client et son marché : une brasserie de dix salariés qui distribue en circuit court, un cabinet d’architecte spécialisé en réhabilitation, une marque de cosmétique bio vendue en boutique
- quel était le point de départ : un logotype vieillissant, un packaging illisible en rayon, une identité incohérente entre le site et les supports imprimés
- quel était l’objectif : se différencier en linéaire, crédibiliser un positionnement haut de gamme, unifier une marque après un rachat
Écrite ainsi, l’intro fait deux choses en même temps. Elle fait exister dans la page le vocabulaire réel du secteur, celui que tapent les prospects. Et elle donne au lecteur la seule information qu’il cherche vraiment : « ce studio a déjà travaillé pour quelqu’un comme moi ».
Raconter le brief créatif et les contraintes du projet #
Vient ensuite la partie que vous racontez très bien à l’oral en rendez-vous, et jamais à l’écrit : le brief créatif et ce qui l’a bousculé. C’est de la matière textuelle gratuite, unique, impossible à copier, et c’est ce qui distingue une étude de cas client d’un simple mur d’images.
Sont à écrire, en quelques paragraphes courts :
- la demande initiale et ce qu’elle cachait : « on veut juste rafraîchir le logotype » qui devient une refonte de marque complète
- les contraintes concrètes : impression en deux couleurs, format d’étiquette imposé, gamme appelée à s’élargir, lisibilité à trois mètres en rayon
- les pistes de départ : le moodboard, les références écartées et pourquoi, le choix de typographie et ce qu’il devait exprimer
- les arbitrages faits avec le client, y compris ceux que vous n’avez pas gagnés
Ce récit est aussi le meilleur endroit pour placer naturellement le champ lexical de votre métier — direction créative, moodboard, charte graphique, déclinaisons — sans forcer un seul mot-clé. Vous décrivez votre travail, le vocabulaire suit tout seul.
C’est aussi ce qui fait la différence entre un studio qui montre des images et un studio qui transmet une culture de projet. Un lecteur venu de la culture design y trouve une méthode ; un prospect y trouve la preuve que la démarche créative n’est pas un coup de chance.
Présenter les livrables : logotype, charte graphique, packaging, planches #
Beaucoup de pages projets s’arrêtent à l’ambiance et ne disent jamais ce qui a été livré. C’est dommage : c’est exactement l’information qu’un prospect compare entre deux studios avant de demander un devis.
Listez les livrables, simplement, avec des mots concrets : logotype et ses versions monochrome et horizontale, charte graphique en PDF, palette et typographies, gabarits de packaging, planches de présentation, déclinaisons pour les réseaux sociaux, gabarits de papeterie, maquettes de site. Ajoutez ensuite les crédits et le rôle exact du studio sur le projet : direction artistique, direction de projet, illustration, photographie, développement confié à un partenaire.
Ces crédits ne sont pas de la politesse de fin de page. Ils constituent une part importante du texte réel de la page, ils précisent votre périmètre — un point sur lequel les prospects se trompent souvent — et ils donnent une raison légitime de citer les autres intervenants du projet. Une étude de cas qui indique clairement « direction artistique et packaging ; illustration : X ; photographie : Y » est plus crédible qu’une page qui laisse penser que tout a été fait en interne.
Légendes des visuels et textes alternatifs des maquettes #
Un portfolio, c’est par définition beaucoup d’images et peu de texte. Raison de plus pour ne pas gâcher les rares emplacements textuels qui accompagnent les visuels.
Trois habitudes changent nettement les choses :
- légender chaque visuel plutôt que d’aligner des images muettes : « Étiquette de la gamme ambrée, impression deux couleurs sur papier non couché » plutôt que rien du tout
- écrire un texte alternatif descriptif sur chaque maquette et chaque planche : ce que montre l’image, pour quel client, pour quel support — pas « maquette-final-v3.jpg »
- commenter l’avant/après en une phrase : ce que le nouveau logotype corrige, ce que la nouvelle grille apporte en lisibilité
Ces micro-textes s’additionnent. Sur une page projet de quinze visuels, ils représentent souvent plus de contenu utile que le paragraphe d’intro, et ils rendent la page compréhensible même pour un lecteur qui parcourt en diagonale.
Relier les projets entre eux et remonter vers la page services #
Une page projet isolée reste une impasse. Reliez-la aux projets comparables et faites-la remonter vers l’offre correspondante : c’est ce qui transforme un portfolio en parcours.
La logique est simple : chaque étude de cas pointe vers deux ou trois projets voisins — même secteur, même type de livrable — et vers la page « services » qui vend la prestation concernée. La refonte de marque de la brasserie renvoie vers les autres projets d’identité visuelle en agroalimentaire et vers votre page « identité visuelle ». Le projet de packaging cosmétique renvoie vers vos autres travaux de packaging et vers la page « packaging et étiquettes ».
Deux règles pratiques : soignez le libellé des liens, qui doit décrire la destination plutôt que dire « voir le projet » ; et faites de vos pages services les vraies pages de destination du site, alimentées par tous les projets qui les illustrent. Un portfolio bien maillé fait vivre les pages qui vendent, au lieu de laisser chaque projet mourir dans son coin.
Ce que fait concrètement un rédacteur SEO sur un portfolio de studio #
Rédacteur SEO et éditeur web indépendant, Julien Jimenez travaille sur les textes de pages, les briefs rédactionnels, l’architecture éditoriale d’un site et le maillage entre ses contenus. Sur le portfolio d’un studio de design, cela prend une forme très concrète.
Le travail consiste à reprendre les intitulés des pages projets pour qu’ils nomment le livrable et le secteur, à écrire les intros et les récits de brief à partir de ce que raconte le studio, à structurer une trame commune à toutes les études de cas, à rédiger légendes et textes alternatifs des maquettes, puis à organiser les liens entre projets similaires et pages services. S’y ajoutent la ligne éditoriale — vouvoiement, niveau de technicité, vocabulaire de marque — et les briefs à confier à d’autres rédacteurs si le studio produit en interne.
C’est un travail d’éditeur autant que de rédacteur : décider quelles pages méritent d’être développées, lesquelles doivent fusionner, et dans quel ordre les traiter.
Ce que change une approche éditoriale sur un portfolio #
Le principal changement est culturel autant que méthodologique. On arrête de considérer les pages projets comme des annexes du site et on les traite comme ce qu’elles sont réellement : les seules pages du studio qui parlent du secteur des clients, donc les seules qui peuvent capter une recherche du type « refonte site cabinet d’architecte ».
Le second changement est organisationnel. Une page projet documentée demande un peu de temps au moment de la clôture du dossier : quelques réponses sur le brief, les contraintes, les livrables, les crédits. C’est cinq minutes à la fin d’un projet de trois mois, mais il faut les prendre.
Soyons honnêtes sur le revers : cette approche suppose que le studio accepte de raconter comment il travaille, y compris les contraintes et les arbitrages. Les studios qui préfèrent ne montrer que le résultat final, sans un mot, garderont un très beau portfolio invisible. C’est un choix légitime, mais il prive le lecteur de la partie la plus créative du métier : le chemin.
Intégrer ces textes sans casser la direction artistique #
La crainte est toujours la même : « on ne va pas coller trois pages de texte sous nos visuels ». Elle est légitime dans un milieu où la culture de l’image domine, et elle se règle en amont, au moment de la maquette du gabarit de page projet, pas après.
Concrètement :
- prévoir dans le gabarit des zones de texte dédiées : chapô, bloc « le brief », bloc « les livrables », bloc « crédits », légendes sous les visuels
- caler la longueur des sections avec le rédacteur avant l’intégration, pour éviter les blocs qui débordent ou les zones vides
- traiter les légendes comme un élément typographique à part entière : un corps plus petit, une graisse distincte, une largeur de colonne tenue
- placer les liens vers les projets voisins et vers la page services à un endroit prévu, en fin de page, plutôt qu’en pied de page générique
Le texte ne débarque pas après coup dans une boîte vide : il naît avec la grille, comme n’importe quel autre élément de la composition. C’est une question de culture graphique plus que de rédaction. C’est particulièrement vrai pour les gabarits d’étude de cas et les pages services, où la hiérarchie visuelle et la clarté du parcours pèsent autant que la qualité des visuels.
Passer à l’action : reprendre vos pages projets une par une #
Vous n’avez pas besoin d’un article de blog de plus. Vous avez besoin que vos pages projets existantes disent enfin ce qu’elles montrent. Commencez par les trois projets les plus représentatifs de ce que vous voulez vendre : reprenez le titre, écrivez l’intro avec le secteur du client, racontez le brief et les contraintes, listez les livrables et les crédits, légendez les visuels, puis reliez la page aux projets voisins et à la page services correspondante.
Deux étapes simples pour la suite : clarifier les prestations que vous voulez réellement développer — identité visuelle, packaging, refonte de marque, direction artistique — puis regarder ce que propose Julien Jimenez côté contenus de pages, briefs rédactionnels, architecture éditoriale et réécriture.
À partir de là, soit vous confiez la reprise de votre portfolio, soit vous vous en inspirez pour installer votre propre trame d’étude de cas. Dans les deux cas, vos pages projets cessent d’être une galerie muette et commencent à travailler pour le studio.
🎯 À retenir
- Ce que change une approche éditoriale sur un portfolio
- Intégrer ces textes sans casser la direction artistique
- Passer à l’action : reprendre vos pages projets une par une
Questions fréquentes #
Par où commencer sur les pages projets d’un studio de design ?
Un état des lieux honnête avant tout : lister vos pages projets, repérer celles qui n’ont ni secteur client, ni livrable nommé, ni la moindre ligne de texte, puis reprendre en priorité les projets qui correspondent aux prestations que vous voulez vendre. C’est la logique de travail que défend Julien Jimenez.
Combien de temps avant de voir des résultats ?
Cela dépend de la concurrence sur vos requêtes et de l’historique du site. Les corrections techniques et les titres de pages produisent des effets plus rapides que la réécriture complète des études de cas, qui se juge sur plusieurs mois.
Faut-il se faire accompagner ou avancer seul ?
Les deux se défendent. Écrire soi-même ses études de cas permet de garder la voix du studio ; un accompagnement fait gagner du temps sur la trame, les arbitrages de structure et le maillage entre projets et pages services.
Les points :
- « Projet 07 » : pourquoi une page projet ne se positionne sur rien
- Le titre d’une page projet : nommer le client, le secteur et le livrable
- L’intro qui pose le secteur du client et le besoin de départ
- Raconter le brief créatif et les contraintes du projet
- Présenter les livrables : logotype, charte graphique, packaging, planches
- Légendes des visuels et textes alternatifs des maquettes
- Relier les projets entre eux et remonter vers la page services
- Ce que fait concrètement un rédacteur SEO sur un portfolio de studio
- Ce que change une approche éditoriale sur un portfolio
- Intégrer ces textes sans casser la direction artistique
- Passer à l’action : reprendre vos pages projets une par une
- Questions fréquentes